Sortir de l’arène

Est-il temps de laisser les lions, les gladiateurs, l’empereur et l’impératrice ainsi que tous les spectateurs pour vous concentrer sur vous-mêmes ?

Je pense que nous avons valorisé le rôle du gladiateur pendant assez longtemps (sorry Russel) et que le triomphe n’est pas de vaincre les lions pour sortir de l’arène. Motivé par la peur et par le manque de choix, le gladiateur a besoin de force et d’un esprit du combattant pour survivre. (Tu te bas et tu te bas bien autrement tu finis en pâtée pour les lions de César.)

Une sortie de l’arène par la petite porte, ça, ça demande du courage et un choix personnel. La motivation n’est pas la peur mais l’envie de quelque chose de mieux, de plus valorisant, de paix. On emprunte peu la petite sortie parce que, d’une part, on ne la voit pas forcément dans l’immensité de la construction. D’autre part, elle demande qu’on sorte des chemins battus et on est très vite rattrapé par une série d’obstacles comme :

  • le regard des autres
  • nos peurs profondes comme celle d’être seul(e) ou d’être écarté(e) du système
  • l’insécurité
  • l’embarras du choix (et oui, « si je peux tout faire, qu’est-ce que je fais ? »)
  • les doutes

L’arène est un monument illusoire que nous nous sommes construit à coup de choix, de petits compromis, de croyances limitantes, de manque de confiance et de peurs. Les murs d notre arène nous poussent à voir la vie comme un combat, à se construire des armures, à se méfier des autres et, jour après jour, à faire ce qu’on pense devoir faire pour ne pas être hué par la foule ou sacrifié par l’empereur.

Tout comme Rome ne s’est pas faite en un jour, on ne sort pas du Colisée en un jour. Et on n’en sort pas de la même manière qu’on n’y est entré. Pour en sortir victorieux(euse), on prépare sa sortie étape par étape. C’est un processus qui commence par une prise de recul et de conscience de nos schémas. Ensuite, on dépose les armes et on développe de nouvelles compétences pour aborder des situations différemment. On s’entoure d’alliés. On rebâtit une nouvelle confiance. On créé un plan, on choisit une direction et on se lance.

Peut-être vous dites-vous « veni vidi vici ». Vous êtes sorti(e) de l’arène. Peut-être êtes-vous entrain de vous rendre compte de l’édifice ou peut-être que vous avez déjà identifié la porte de sortie, à vous je dis « Ave, courage. Souvenez-vous que tous les chemins mènent à Rome! »